COMMENT RECHERCHER UNE CONTAMINATION CHIMIQUE PROVENANT D’UN EMBALLAGE ALIMENTAIRE ?

Une odeur, un goût parasite, une coloration ou une substance indésirable dans un aliment peuvent conduire à suspecter son emballage.

Mais comment démontrer qu’un composé a réellement migré du matériau vers l’aliment ?

UN EMBALLAGE N’EST PAS CHIMIQUEMENT INERTE

Plastiques, encres, colles, vernis, joints ou opercules peuvent contenir des monomères, plastifiants, antioxydants, solvants, oligomères ou produits de dégradation.

Les NIAS sont des substances non intentionnellement ajoutées.

  1. ANALYSER L’ALIMENT… ET L’EMBALLAGE

Trouver une molécule dans l’aliment ne suffit pas à établir son origine. Il faut analyser parallèlement :

aliment suspect + emballage en contact + témoins pertinents.

Il faut rechercher une signature chimique commune étayant un transfert.

  1. IDENTIFIER LES SUBSTANCES SUSPECTES

Plusieurs techniques sont complémentaires :

• GC-MS / HS-GC-MS : composés volatils ;
• LC-MS/MS ou LC-HRMS : composés polaires, additifs et oligomères ;
• FTIR / Raman : matériau ;
• ICP-MS / ICP-OES : éléments métalliques ;
• Py-GC/MS : polymères.

Un screening non ciblé peut orienter la recherche d’une substance inconnue.

  1. RECHERCHER UNE MIGRATION

La présence d’un composé dans l’emballage et l’aliment constitue un indice, mais son transfert doit être plausible.

La migration dépend du matériau, de la substance, de la température, du temps de contact et de la nature de l’aliment. Un corps gras peut favoriser celle de substances lipophiles.

PRÉSENCE ≠ ORIGINE

Une molécule peut aussi provenir de l’aliment, de sa fabrication, d’un nettoyage, d’un stockage antérieur ou de l’environnement.

Il faut donc rechercher des marqueurs discriminants, comparer les profils et intégrer, si possible, des témoins.

  1. QUANTIFIER ET INTERPRÉTER

Après identification, la substance doit être quantifiée. Le résultat peut être confronté aux limites de migration spécifiques, à la migration globale ou aux autres restrictions applicables.

Conformité et origine restent deux questions distinctes.

EN EXPERTISE JUDICIAIRE OU AMIABLE

Une démonstration solide repose sur plusieurs étapes :

caractérisation de l’emballage → identification du contaminant → recherche dans l’aliment → comparaison des profils → étude de la migration → quantification → confrontation aux témoins.

L’expert doit examiner les hypothèses alternatives avant d’attribuer la contamination à l’emballage.

À RETENIR

Détecter une substance indésirable dans un aliment ne démontre pas qu’elle provient de son emballage.

La question pertinente est :

« Retrouve-t-on dans l’emballage et l’aliment des éléments chimiques concordants, et les conditions physico-chimiques expliquent-elles leur transfert ? »

Cette confrontation entre chimie, matériaux, migration et contexte fonde une conclusion expertale.

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