Une analyse ne détecte que les molécules incluses dans son périmètre et compatibles avec la méthode employée.
1 — Que recherche-t-on ?
Les résidus peuvent comprendre la substance active, ses métabolites, produits de dégradation ou certains isomères. La recherche dépend de l’aliment, de son origine, des traitements possibles et de la réglementation.
2 — Le prélèvement
Les résidus peuvent être très hétérogènes : surface ou chair d’un fruit, quelques grains dans un lot…
L’échantillon doit être représentatif, correctement transporté et homogénéisé. Une excellente analyse ne corrige pas un mauvais prélèvement.
3 — L’extraction
La méthode multirésidus QuEChERS, généralement à l’acétonitrile, permet de rechercher plusieurs centaines de pesticides. L’extrait est séparé, centrifugé puis purifié pour limiter l’influence des sucres, lipides et pigments.
Mais elle ne convient pas à toutes les substances.
4 — La détection
La LC-MS/MS convient aux molécules polaires, peu volatiles ou thermiquement fragiles ; la GC-MS/MS aux composés volatils et thermostables.
La chromatographie sépare les composés et la spectrométrie de masse permet leur identification et leur quantification.
5 — Les méthodes spécifiques
Glyphosate et AMPA, fosétyl-aluminium et acide phosphonique, chlorate, perchlorate, éthéphon, paraquat ou diquat peuvent nécessiter des méthodes spécifiques.
Un « screening pesticides » ne garantit donc pas leur recherche.
6 — L’interprétation
La concentration mesurée est comparée à la LMR applicable au couple pesticide-denrée.
Il faut aussi vérifier la définition du résidu, la partie de l’aliment concernée, la limite de quantification, l’incertitude, une éventuelle transformation et la réglementation applicable à la date des faits.
Une LMR n’est pas un seuil toxicologique direct : son dépassement indique une non-conformité potentielle, sans démontrer automatiquement un risque sanitaire.
7 — En expertise
Le rapport doit distinguer :
non recherché – non détecté – détecté sous la limite de quantification – quantifié – supérieur à la LMR.
La mention « absence de pesticides » est insuffisante sans périmètre analytique ni performances de méthode.
La question n’est donc pas seulement : « Des pesticides ont-ils été détectés ? », mais : « Lesquels ont été recherchés, avec quelles limites et selon quelle définition réglementaire ? »
L’analyse rend visible une trace chimique. L’expertise transforme cette information en élément de preuve ; l’expert transforme les résultats en explications et conclusions. Le magistrat décide et juge.
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