Lors d’un incendie industriel, la combustion et l’échauffement de métaux, peintures, plastiques, batteries, équipements électriques ou déchets peuvent libérer différents éléments métalliques et métalloïdes. Ceux-ci peuvent être transportés par les fumées et les particules puis se déposer sur les sols, végétaux, poussières, eaux et sédiments.
On recherche notamment, selon la nature des matériaux ayant brûlé, le plomb, le cadmium, le mercure, l’arsenic, le chrome, le nickel, le cuivre, le zinc ou encore l’antimoine.
Pour les rechercher, on prélève des échantillons dans les zones susceptibles d’avoir été exposées au panache de fumée, mais également, si possible, dans des zones témoins non exposées, afin de pouvoir comparer les résultats. La méthodologie s’inscrit dans le cadre des normes NF X 31-620-1 et NF X 31-620-2 relatives aux sites et sols pollués,
En laboratoire, les échantillons solides sont homogénéisés puis soumis à une minéralisation acide qui détruit la matière organique en mettant les éléments recherchés en solution.
La solution obtenue est ensuite analysée par spectrométrie de masse avec plasma à couplage inductif (ICP-MS). Cette méthode permet de rechercher simultanément un grand nombre d’éléments et d’en mesurer de très faibles concentrations. Le mercure, en raison de ses propriétés particulières et de sa volatilité est dosé par une méthode un peu différente, la spectrométrie d’émission.
Dans le contexte d’un incendie industriel, la présence d’un métal dans un sol ne signifie cependant pas nécessairement qu’il provient de l’incendie. Certains éléments sont naturellement présents dans les sols ou peuvent résulter d’anciennes activités industrielles. Il est donc particulièrement important de comparer non seulement les concentrations, mais également la répartition des différents éléments entre les points de prélèvement.
Ainsi, la comparaison entre les zones situées sous le panache, les zones périphériques et les zones témoins, associée à la connaissance des matériaux ayant brûlé, peut contribuer à déterminer si les concentrations observées sont compatibles avec les retombées de l’incendie ou correspondent plutôt au bruit de fond ou à une contamination antérieure.
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