Dans un litige administratif, des impressions sérigraphiques se décollaient de panneaux plastiques destinés à une installation durable.
L’origine était contestée : encre défectueuse, procédé d’impression, nature des panneaux ou incompatibilité entre ces éléments ?
LA PROBLÉMATIQUE
L’un des supports avait été présenté comme du PETG, copolyester utilisable pour l’impression. Il fallait déterminer :
• la nature chimique des panneaux ;
• la famille chimique de l’encre ;
• la concordance entre matériaux annoncés et employés ;
• la compatibilité probable du couple support–encre.
Les prescriptions du constructeur et les caractéristiques des encres recommandées n’avaient pas été communiquées.
LES PRÉLÈVEMENTS
Des carottes de 20 mm ont été prélevées sur plusieurs panneaux ainsi qu’un fragment d’encre décollé.
L’examen des deux faces était essentiel : certains éléments se composaient de deux plaques accolées, particularité peu visible.
LA MÉTHODE ANALYTIQUE
Les échantillons ont été étudiés par spectrométrie infrarouge IRTF-ATR.
Cette technique fournit la signature moléculaire d’un matériau. Les spectres ont été comparés à des milliers de références. L’analyse a porté sur les faces imprimées et opposées, les plaques et le fragment d’encre.
LES RÉSULTATS
Deux familles de supports ont été identifiées :
• des panneaux étaient en polycarbonate ;
• celui annoncé en PETG était en réalité en polychlorure de vinyle (PVC).
La couche imprimée présentait la signature d’un liant polymérique acrylique. Faute de documentation complète, il restait impossible d’en déterminer tous les additifs et de vérifier son domaine d’emploi.
LES CONCLUSIONS
Les analyses ont établi une discordance objective entre la nature annoncée d’un panneau et sa composition réelle. Elles ont aussi montré que les supports différaient.
Ces résultats rendaient crédible une inadéquation entre l’encre, les supports et les conditions de mise en œuvre. Le couple support–encre apparaissait inadapté à l’usage prévu.
Il restait impossible d’attribuer le décollement à un mécanisme unique. Sans prescriptions du constructeur, fiches techniques de l’encre ni paramètres de sérigraphie et de séchage, la part respective du support, de l’encre et du procédé ne pouvait être quantifiée.
À RETENIR
Identifier séparément le support et la couche déposée est indispensable.
L’analyse chimique peut révéler une substitution de matériau, une discordance contractuelle ou une incompatibilité probable. Mais identifier les matériaux ne suffit pas toujours à déterminer le mécanisme exact du désordre.
L’analyse transforme une trace en information scientifique en rendant « visible » ce qui ne l’était pas ; l’expertise transforme cette information en élément de preuve, l’expert transforme ces résultats en explications, ces explications en conclusions, le magistrat décide et juge.
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