EXPERTISE JUDICIAIRE OU AMIABLE : ALLERGÈNES DANS LES PARFUMS, QUE RECHERCHE LE LABORATOIRE ?

EXPERTISE JUDICIAIRE OU AMIABLE : ALLERGÈNES DANS LES PARFUMS, QUE RECHERCHE LE LABORATOIRE ?

Un allergène indiqué sur l’étiquette d’un parfum peut avoir été ajouté, mais aussi être naturellement présent dans une huile essentielle ou un extrait végétal.

1- DE QUOI PARLE-T-ON ?

Les « 26 allergènes historiques » sont des substances parfumantes soumises à un étiquetage individuel : limonène, linalol, citral, géraniol, eugénol, coumarine, alcool benzylique…

Deux d’entre elles, le Lilial et le Lyral (HICC), sont désormais interdites dans les cosmétiques européens. Il restait donc 24 allergènes à étiquetage individuel.

Le règlement (UE) 2023/1545 en ajoute 56 : le dispositif porte ainsi sur 80 allergènes parfumants. Certains correspondent à des groupes de substances, d’où les différents décomptes publiés.

Depuis le 31 juillet 2026, les produits non conformes ne peuvent plus être mis sur le marché de l’Union. Ceux qui l’ont été avant cette date peuvent rester disponibles jusqu’au 31 juillet 2028.

2- POURQUOI LES RECHERCHER ?

L’analyse permet de déterminer :

• si l’étiquetage correspond à la composition réelle ;
• si un allergène non déclaré ou interdit est présent ;
• si les données du fournisseur sont exactes ;
• si une matière première naturelle contribue au résultat ;
• si deux lots ont le même profil allergénique.

La détection ne suffit pas à établir une non-conformité : il faut examiner la concentration, l’origine, la catégorie du produit et sa date de mise sur le marché.

3- COMMENT PROCÈDE-T-ON ?

Selon la matrice, l’échantillon est dilué ou extrait.

La GC-MS sépare et identifie les molécules ; la GC-FID les quantifie avec des étalons. La GC×GC peut résoudre certaines coélutions et la LC-MS/MS convient aux composés moins adaptés à la chromatographie gazeuse.

4- QUELS SEUILS ?

La mention individuelle est exigée au-delà de :

• 0,001 %, soit 10 mg/kg, dans un produit sans rinçage ;
• 0,01 %, soit 100 mg/kg, dans un produit à rincer.

Ce sont des seuils d’étiquetage, non des seuils généraux de toxicité ou d’interdiction. Les limites de quantification doivent permettre de conclure autour de ces valeurs.

5- QUELLES DIFFICULTÉS ?

Un parfum peut contenir des centaines de molécules. Certaines coéluent ; le limonène et le linalol peuvent s’oxyder ; un allergène peut provenir de plusieurs matières premières ; une trace, d’une contamination croisée. Le résultat ne révèle donc pas toujours un ajout intentionnel.

CONCLUSION

Le laboratoire identifie et quantifie les allergènes du produit fini. L’expert confronte les résultats à la formule, aux matières premières, à l’étiquetage et à la réglementation applicable.

La question n’est pas seulement : « Un allergène a-t-il été détecté ? », mais : « Devait-il être déclaré, était-il autorisé et quelle est l’origine probable de sa présence ? »

RÉFÉRENCES

• Règlement (CE) 1223/2009 relatif aux produits cosmétiques.
• Règlement (UE) 2023/1545 relatif à l’étiquetage des allergènes parfumants.

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